09.12.2008
Travail le dimanche??
Il y a actuellement un débat national sur le travail le dimanche. Faut-il l'autoriser ou pas? Dans nos communes littorales touristiques, des dérogations existent déjà. Mais une généralisation de ce système serait à mon sens une erreur. On le voit bien, cette proposition de loi est d'ores et déjà contestée par toutes les organisations syndicales, beaucoup d'organisations patronales et par nombre de parlementaires de tous bords.
Car, ouvrir les commerces le dimanche ne relancera pas le pouvoir d'achat et la consommation. On voit mal les salariés dépenser le dimanche, l'argent qui leur manque la semaine, pour satisfaire même à leurs besoins de première nécessité. Pire encore, le coût des salaires dominicaux que le gouvernement prétend doubler, provoquera une nouvelle hausse des prix déjà en forte augmentation. On peut aussi craindre que les distributeurs les mieux à même d'ouvrir leurs circuits le dimanche n'en profitent pour fixer des marges plus importantes. Au mieux, les achats dominicaux se substitueront aux achats de la semaine et la consommation sera un jeu à somme nulle.
En outre, la remise en cause du repos dominical est un nouveau coup dur porté aux commerces de proximité. Mettre en avant le volontariat du personnel méconnaît l'inégalité de la relation employeur/salarié, accrue en cette période de hausse du chômage, comme malheureusement tous les indicateurs le constatent.
Enfin, la course effrénée à la consommation contredit le mouvement vers une consommation raisonnée, sous-jacente au Grenelle de l'environnement. Le projet de société de ce gouvernement est certes cohérent mais va à l'encontre de l'évolution du progrès humain. Proposer comme réponse aux salaires trop bas de ne plus prendre de RTT, de devoir faire des heures supplémentaires en semaine, de passer le dimanche à pousser le caddie en famille : c'est faire un choix de vie qui n'est pas acceptable, surtout lorsque les inégalités et les écarts de revenu progressent comme jamais.
En plus de la concurrence entre les acteurs, ouvrir des commerces le dimanche nécessitera de faire circuler des camions, d'ouvrir les crèches, d'assurer les services de sécurité et de maintenance, pourquoi pas des banques et des services aux entreprises... Encore une fois, les victimes seront principalement les femmes, les travailleurs à temps partiel, celles et ceux dont la précarité les conduira à accepter les pires conditions de travail.
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